MASSACRE D’ÉLÈVES EN 2000 : LES GAMBIENS SE SOUVIENNENT - 11 Avril 2014 - écrit par Gambia Initiative

MASSACRE D’ÉLÈVES EN 2000 : LES GAMBIENS SE SOUVIENNENT - 11 Avril 2014 - écrit par Gambia Initiative

Quatorze ans après le massacre de quatorze élèves gambiens, certains militants des droits de l’Homme s’étonnent que cet évènement puisse encore passer sous silence encore que  ses auteurs restent toujours impunis. 

 

Le 19 avril 2000, les forces de sécurité gambiennes réprimaient dans le sang, une manifestation pacifique d’élèves dans les rues de Banjul. Jusqu'à présent, aucune décision  de  justice n’a été rendue aux victimes. 

La manifestation à l’origine du drame était organisée par des élèves, à l’initiative de l’Union des étudiant gambiens (Gamsu), décidés à porter sur la place publique leur protestation contre le régime. Ils investissent alors les rues, réclamant notamment justice pour leur camarade Ebrimah Barry (19 ans), décédé un mois plus tôt, des suites d’un mauvais traitement infligés par des forces de l’ordre à Brikama. 

La colère des élèves étaient causée par la tentative des autorités gambiennes d’étouffer cette affaire, puisque l’autopsie pratiquée, indiquait une « mort naturelle » de Ebrimah Barry. Ce que les étudiants ne voulaient pas entendre. 

Alors que cette affaire continuait encore de susciter une tension très vive, début avril 2000, une écolière de 13 ans, se faisait violer par un policier, toujours en marge d’une manifestation publique, toujours dans la ville de Brikama. Là encore, l’affaire n’aboutit à rien et l’auteur des faits échappe à la justice. Là, le courroux des étudiants, soutenus par leurs camarades de la Gamsu, atteint son paroxysme. 

Après avoir rempli les formalités d’usage, des milliers d’élèves décident d’occuper la rue, manifestant leur soif de vérité et de justice. Les forces de l’ordre qui ne parvenaient pas à faire exécuter disperser la marche, finissent par ouvrir le feu sur les manifestants, faisant 14 morts et des centaines de blessés. 

Quatorze ans, rappellent certains acteurs de l’époque sur les réseaux sociaux, la justice n’a toujours pas été rendue à ces jeunes et à leurs familles. Au contraire le massacre des élèves annonçait une nouvelle ère d’impunité marquée par une série d’actes dans lesquels le nom du gouvernement est toujours cité et pour lesquels la lumière n’a jamais été faite, comme ce fut le cas pour l’assassinant du Directeur de publication du journal The Point, Deyda Hydara, ou encore du journaliste Chief Ebrimah Manneh. 

Cet épisode tragique, resté dans la mémoire des  Gambiens comme « le massacre des élèves de 2000 », est considéré comme une des toutes premières manifestations de ce qui allait devenir un long système de violations des droits humains, qui fait aujourd’hui la particularité et la célébrité du régime en place à Banjul depuis 1994. 

La main lourde de ce régime s’est encore abattue en août 2012 sur les citoyens gambiens, avec l’exécution de neuf prisonniers. 

Mais depuis, une intense campagne de dénonciation s’organise à travers les médias et au niveau des organisations de défense des droits de l’Homme. Sensibilisée par la société civile en exil, l’Union européenne (dont une délégation a été reçue par le présiden Yahay Jammeh, le 09 avril 2014 Yahya Jammeh), principal partenaire au développement du pays, considère désormais les droits de l’Homme comme une « préoccupation » dans ses relations avec la Gambie.

 

 

http://www.ouestaf.com/gambia/Massacre-d-eleves-en-2000-les-Gambiens-se-souviennent_a82.html